L'Art nouveau


Au début du XIVième siècle, sous le règne de Philippe le Bel, l'Occident affronte une période de crise. Pendant qu'on assiste au déclin de la féodalité et que la Guerre de Cent ans sévit toujours, des troubles graves secouent l'Église: Grand Schisme d'Occident, affaire des Templiers, installation des papes à Avignon. Le sentiment mystique et la piété profonde qui avaient présidé au siècle dernier à la construction des cathédrales autant qu'à la réalisation des grandes oeuvres de Pérotin s'estompe dès la seconde moitié du siècle. La nouvelle élite bourgeoise qui s'est enrichie par la pratique du commerce est de moins en moins dévote et de plus en plus critique par rapport à la religion. Ces grands bouleversements coïncident avec un renouvellement du langage musical. C'est ici que la musique profane prend définitivement le pas sur la musique sacrée.


La première période de l'Ars Nova est dominée par le recueil du Roman de Fauvel (1310-1316). Critique de l'Église et de la société, le Roman dénonce notamment, la lutte contre l'ordre des Templiers.
Le héros de l'histoire, l'âne Fauvel, personnifie à lui seul tous les vices de l'humanité. Chacune des lettres de son nom est la première lettre de chacun des vices: Flatterie, Avarice, Vilenie, Vanité, Envie, Lâcheté. Fauvel devient roi grâce à dame fortune. Les nobles et les hommes d'Église lui rendent visite pour conserver leurs privilèges. Un grand tournoi oppose le Bien et le Mal, mais à la fin, personne ne gagne.
Considéré comme oeuvre de transition entre l'Ars Antiqua et l'Ars Nova, le recueil contient cent trente-deux pièces musicales tantôt monodiques, tantôt polyphoniques, adoptant différentes formes: motets, rondeaux, lais et virelais, séquences et répons.



Deux noms dominent la seconde période de l'Ars Nova: le théoricien Philippe de Vitry et le compositeur Guillaume de Machaut.
Philippe de Vitry (1291-1361), futur évêque de Meaux, rédige plusieurs traités de théorie musicale dont le plus important s'intitule Ars Nova , expression qui désignera dès lors, tout l'art musical au XIVième siècle. Philippe propose ici outre une synthèse des plus récentes techniques de composition, une nouvelle façon de noter la musique avec des figures de durée qui se rapprochent de celles qu'on utilise encore aujourd'hui.
De main de maître, Guillaume de Machaut donne vie aux théories de Philippe de Vitry. Ce qui le distingue des autres compositeurs de son époque est l'aisance avec laquelle il réussit à produire une musique lyrique et inspirée en dépit du nombre de règles techniques qui sont imposées.


Les innovations de l'Ars Nova: notation, rythme, harmonie, instrumentation

L'ère de l'Ars Nova est considérée avant tout comme une période de recherche. L'écriture à trois ou quatre voix nécessite un perfectionnement de la notation qui à son tour influence la matière musicale elle-même. Le rythme se précise. L'éveil de la conscience harmonique amène l'acceptation de la tierce comme consonnance. On remplace successivement les différentes voix par des instruments, c'est ainsi qu'on assiste au début de la monodie accompagnée. Comme pour l'Ars Antiqua, le motet demeure la forme de prédilection par laquelle arrivent les innovations de l'Ars Nova.



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