Le chant grégorien
Phénomène musical et culturel incomparable, le chant grégorien demeure une des formes les plus accomplies de musique religieuse de tous les temps. Il jouira d'un triomphe absolu pendant tout le premier millénaire de notre ère.

A partir du quatrième siècle, l'Église sort de la clandestinité. Différentes chrétientés se développent et avec elles, leurs rites locaux. Comme la liturgie s'adresse à une foule de plus en plus nombreuse, Rome veut exercer une surveillance sur le contenu de la liturgie et cherche à faire disparaître les particularismes régionaux . Le pape tente d'amener l'Espagne (chant mozarabique), Milan (chant ambrosien), les Celtes d'Irlande et les Gaulois (chant gallican) au rite romain, mais tous opposent leur résistance. Chaque pape va rédiger une "liturgie annuelle" en vue d'unifier et de codifier les chants associés au rite. Notons en ce sens les contributions importantes des papes Léon (440-461), Gélase (590-604) et surtout Grégoire Ier dont les réformes réussiront à faire converger la plupart des dissidents vers la seule école romaine. Deux siècles seront nécessaires à la propagation de cette réforme. C'est Charlemagne qui, au IXième siècle impose ce que l'on appelle désormais le "chant grégorien" à l'Occident chrétien en anéantissant tout simplement tout chant non-conforme à l'Église romaine. Seul Milan résistera et conservera son rite et son chant ambrosiens.
Par la suite, à mesure que se réalise la fixation du répertoire, le plain-chant "officiel", qui demeure sourd aux influences populaires et qui s'adapte mal à l'évolution de la notation musicale, commence à décliner. On situe l'apogée du chant grégorien dans le courant du VIIIième siècle.



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