Trouveurs
et
jongleurs
La monodie profane au Moyen Age

Délimitations géographiquesDélimitations chronologiquesLanguesOrigine
Goliards*XIième-XIIième siècleLatinCette distinction n'existe pas avant le XIième siècle
Jongleurs***Populaire
MénestrelsNord de la France**Populaire
TroubadoursSud de la FrancePremière moitié du XIIième siècle jusqu'au début XIIIièmed'OcNoblesse
TrouvèresNord de la FranceSeconde moitié du XIIième siècled'OïlNoblesse
TrovatoriItalie du Nord début XIIIième siècle*Noblesse
MinnesingersAllemagne (principalement Rhénanie et Bavière)Fin XIIième jusqu'au XIVième siècleParfois le latin mais, le plus souvent l'ancien allemandAristocratie
MeistersingersAllemagneXIVième siècle *Bourgeoisie



Les troubadours sont, au sens propre, des poètes et des musiciens , originaires pour la plupart de la moitié sud de la France. Ils utilisent un dialecte littéraire de la langue d'Oc. Ce sont les initiateurs de la poésie lyrique en langue vulgaire dans l'Europe du Moyen Age. Ils ont mis leur art au service d'une nouvelle conception de l'amour (l'amour courtois) qui a profondément marqué les moeurs de tout l'Occident .

Il semble que ce soit au sud de la Loire, en Limousin, mais aussi dans le pays de Toulouse, le Périgord et la Provence, que se développe, dans la première partie du XIIième siècle, l'art des troubadours. Il est important de préciser qu'à cette époque, la France n'est pas encore constituée en nation. Il faudra attendre le XIIIième pour que l'unité de la France se réalise. Entretemps, le nord et le sud de la France actuelle présentent encore des paysages culturels très différents. Le sud, le pays d'oc, demeure plus près de la Gaule romaine et par là-même plus raffiné et plus cultivé que le Nord d'esprit germanique, où évolue une civilisation rustre et guerrière. Ainsi au sud, les nobles qui ont une propension pour le faste, s'éprennent d'arts et prennent sous leur aile poètes et musiciens. Ils aiment bien, à l'occasion s'adonner eux-mêmes à la composition de chansons. S'ils ne peuvent interpréter eux-mêmes leurs compositions, ils les remettent à des jongleurs ou à des ménestrels.

Dès le XIIième siècle, l'influence du Midi se fera sentir sur le Nord et on assistera à l'éclosion d'un nouveau foyer culturel d'où émergeront les trouvères. Inspiré directement des principales formes de la lyrique courtoise des troubadours, l'art des trouvères trouve son originalité au niveau de la langue qui emprunte à différents dialectes. Leur poésie, moins sensuelle que celle de leurs voisins du sud vante les mérites de l'amour conjugal ou la douleur de la séparation.

Certains attribuent la disparition de l'art troubadour à la destruction de la civilisation provençale qui débuta en 1209 avec les croisades albigeoises. D'autres affirment que ceci est pure coïncidence et que, simplement, il y a eu épuisement rapide de cette veine originale sans doute, mais somme toute un peu mince. La poésie lyrique provençale se sera donc développée pendant près de deux siècles et rayonnera d'abord au nord de la Loire chez les trouvères puis, par la suite, sur les pays limitrophes.


*Étymologie

[La musique au Moyen Age] [Le Moyen Age]


Capturé par MemoWeb ŕ partir de http://www.cssh.qc.ca/projets/carnetsma/Profane_lyrique_intro.html le 19/04/98